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 Sita se perdant dans l'obscur de la Nuit | NF - This thing called love

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Biket
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MessageSujet: Sita se perdant dans l'obscur de la Nuit | NF - This thing called love   Dim 2 Avr - 13:47

Chut. Tais-toi. Ne dis rien. Ils ne comprendraient pas. - Sita renversant le cours du Temps

AGE : 78 lunes
SEXE : Femelle
TROUPE : Embrumée
RANG : Chasseuse
BUT : Ne jamais leur dire, toujours leur cacher, ne rien avouer, tout garder pour moi, ne pas les détruire, rester aussi saine que je peux encore l'être, ne jamais le revoir, ne jamais y repenser, vivre comme si de rien n'était, sourire même faussement, toujours se montrer rassurante. Survivre pour ne pas dépérir.

PHYSIQUE : Joliment jolie.
C'est ce que l'on pourrait penser de moi.
Mais je n'ai plus l'âge n'est-ce pas ? Plus maintenant.
On dira simplement que je suis une ancienne jolie femelle, c'est vrai quoi, qui aimerait encore une vieille chatte comme moi, quoique, soixante dix huit lunes, ce n'est que six ans et demi. Oh seigneur, j'ai encore l'âge d'avoir des chatons. Enfin, là n'est pas le sujet. Surtout pas.
Bref.
J'ai un pelage un peu délavé. Non, je plaisante. Ou pas, je ne sais pas trop. Dans tous les cas, mon pelage est d'une agréable couleur crème variant un peu en se mélangeant avec un peu de roux clair un peu partout mais surtout sur ma queue qui, quant à elle, est assez longue, me garantissant ainsi une équilibre parfait. Enfin, me garantissait plutôt. Je commence à me faire un peu vieille. Je crois. Peut-être n'est-ce que dans ma tête ? Pour continuer sur mon pelage, je ne peux que rajouter qu'il est assez fin malgré le fait que mes poils sont longs. La longueur n'a rien à voir avec l'épaisseur après tout. N'est-ce pas ?
Que dire d'autre hum, je ne suis pas spécialement grande mais pas non plus spécialement petite, je fais plus ou moins la même taille que les autres membres de ma Troupe. Mon fils est un peu plus grand que moi, lui. Mais dans son cas, c'est normal, il est plus costaud, il a la chance - malchance pour moi, sa pauvre mère - d'avoir une carrure athlétique qui n'est pas sans rappeler que ce n'est pas de moi qu'il l'a héritée. Moi je suis plus fine, plus svelte, plus élancée. Quand je serai une vieille croulante, je ressemblerai sans doute à un squelette tout maigre avec à peine plus que la peau sur les os.
Oh et il y a mes cicatrices. Cicatrices de guerre, cicatrices de lutte, de douleur, de traumatisme. Ne parlons pas encore des cicatrices du coeur. Parlons de celles qui sont physique, qui seront présentes éternellement. J'en ai quelques-unes. Sur les épaules, principalement. Mais celles-ci sont anciennes, elles ne se voient plus. Moi je les vois, moi je les sens.
Moins important, j'en ai une qui me barre le flanc gauche, souvenir, trophée de guerre. Cette guerre ayant eu lieu quand ces maudits Clans ont fait irruption dans le quotidien des deux Troupes.
Bon, passons à la vitesse supérieure.
Mon visage.
Il est plutôt normal, pas très allongé, pas très rond non plus, il n'a plus aucune courbes enfantines, ce qui est bien normal à mon âge. J'ai des oreilles un peu plus grandes qu'elles ne devraient l'être mais je m'en fiche un peu, ça m'est bien égal. Plus les gens peuvent me trouver laide, mieux je me porte. Je me sens mieux en me disant que je suis laide. Beaucoup mieux. Oh, je ne vais pas vous ennuyer avec ça, de toute façon, je n'ai aucune envie de m'épancher là-dessus. Passons sur la laideur de mes oreilles - c'est ridicule non ? - il y a la beauté de mes yeux. Je les trouve beaux, moi. Ils sont assez grands, ils n'ont pas de forme particulière, ce sont juste des yeux en somme. Mais leur couleur est belle. Une jolie nuance de noisette, un marron pas très onctueux mais nuancé, clair, pailleté d'or.
J'ai un joli regard.
Un joli regard pour observer une terre immonde.

CARACTERE : Mon caractère...
Êtes-vous réellement sûrs de bien vouloir me cerner ?
Soit. On fera comme vous le voudrez mais ne vous étonnez pas si, à la fin de ce court et second récit, vous ne voulez plus vous préoccuper de ma personne. Mais pour que vous puissiez espérer comprendre la teneur de mes propos, je vais vous faire une présentation un peu particulière, constituée d'un avant, ainsi que d'un après. Avant l'incident. Après l'incident. Autrement dit, maintenant.

En général, je ne vais pas trop m'épancher trop là-dessus, je dirais que je suis intelligente. Sous une certaine forme. Je sais être logique et utiliser des stratégies, je sais mettre en oeuvre ce que j'ai appris. Je sais ne pas faire deux fois les mêmes erreurs. Surtout pas.
Je suis observatrice, je l'étais déjà avant mais je le suis devenue encore plus après. J'observe tout, je remarque tout ce que je peux, je suis prudente. Je fais mon possible pour ne jamais être surprise. Pour ne plus jamais avoir de mauvaises, très mauvaises surprises.
Je ne suis pas impulsive. Je suis réfléchie. Je réfléchis avant d'agir, je pense aux conséquences, à ce qu'elles peuvent changer ou non. Je l'étais déjà. Je le suis encore plus. Prudente et réfléchie, oh oui. Il faut que je le sois. Si je ne le suis pas, plus, je cours à ma perte.
Quelques défauts ? D'accord.
Jalouse et incapable de supporter les attaques personnelles. Je n'aime pas que l'on se moque de moi, que l'on s'amuse à me faire souffrir, à m'entendre bégayer, je n'aime pas que l'on se foute ouvertement de ma tronche. Je n'aime pas que l'on parle dans mon dos.
Je n'aime pas les personnes s'approchant de mon entourage, de ceux que j'aime, je n'aime pas que des étrangers s'incrustent comme ça, par ci par là, espérant trouver leur place au sein de mon entourage. Je déteste me voir me faire remplacer, constater que l'on peut se passer de moi au profit d'un autre.
Je ne supporte plus que l'on m'abandonne.

Avant, je rayonnais. J'étais quelqu'un de bien, toujours le sourire aux lèvres, tristement naïve, je croyais tout et n'importe quoi, j'aimais me laisser aller à rire pour un rien, pour des broutilles. Je ne supportais pas que les choses n'aillent pas bien, je n'aimais pas voir les autre souffrir. J'étais rayonnante, oui, c'est bien le mot. Bavarde comme il n'était pas permis de l'être, j'aimais écouter et comprendre tout comme j'aimais parler pour combler un silence.
Je n'aimais pas le silence.
Trop présent, trop pesant, trop inquiétant.
J'étais bavarde, mais je laissais aussi les gens parler, j'écoutais, j'essayais d'aider, je faisais mon possible, je voulais me rendre utile, je voulais que l'on m'aime, je voulais me démener, mériter l'amour, l'affection des gens, je voulais être la meilleure, celle que l'on évoque avec une étincelle de joie dans la voix quand l'on parle.
Avant, j'étais la première levée, la dernière couchée, volontaire pour la plupart des patrouilles, n'hésitant jamais à chasser pour quatre. J'étais un petit rayon de soleil, la brise qui éloignait les nuages noirs loin, très loin.
J'étais vive, énergique et dynamique, enjouée, pleine de vie et avide d'aider.
J'étais épuisante et fatigante mais aimante et attentionnée.
Mais plus que tout, j'étais naïve.
Et c'est ma naïveté qui a fini par me perdre.

Et il y a maintenant.
Il y a maintenant parce qu'il s'est passé quelque chose il y a maintenant quarante-huit lunes. Maintenant. Ce mot est partout. Parce sans ce qu'il s'est passé il y a quarante-huit lunes, il n'y aurait pas de maintenant et maintenant, je ne serais pas comme ça.
Mais ça c'est passé.
Alors maintenant je dois changer mon récit.
Parce que maintenant je ne suis pas claire maintenant je ne peux plus m'exprimer comme on voudrait que je m'exprime. Maintenant mes sentiments ne sont qu'un amas de choses étranges que je peine moi-même à comprendre, un tas informe de déchets dont je n'arrive pas à parler. Je ne peux plus dire ce que je ressens. Suis-je vide ? Suis-je heureuse ? Suis-je... Non. Je ne peux pas être heureuse, je ne peux plus l'être. Je ne le suis plus depuis quarante-huit lunes. Oh bien sûr j'ai deux enfants, deux enfants magnifiques, Elyon et Anaïra mais ça ne change rien à ce qu'il s'est passé. Leur existence ne fait que me le rappeler après tout.
Enfin bref. Commençons.
J'aime le silence.
Rassurant, réconfortant, important.
Le silence est mon compagnon le plus fidèle à présent. Il est toujours là, même lorsque je parle, même lorsque l'on me parle. Ce n'est pas un silence mots, plutôt un silence d'émotions. Autrement dit, on va dire que je suis renfermée. Que je n'exprime plus grand chose. On vous dira que c'est parce que je ne sais plus faire, que je me fais vieille mais ça n'a rien à voir. D'accord, je n'arrive pas exprimer ce que je ressens. Pas à cause de la vieillesse. A cause de l'anxiété. Parce que je ne peux plus me mêler aux autres, parce que parler est devenue difficile et pourtant je le fais toujours parce que j'y suis obligée. Parce que j'ai peur de tout maintenant. Mais il ne faut pas le montrer. Alors je dis que ça va, je me colle un joli petit sourire hypocrite sur le visage pour ne pas dire que je suis triste et que ça fait quarante-neuf lunes que je me suis perdue ans un abîme sans fond. Parce que je ne suis pas prête pour les questions. Même après quarante-neuf lunes, mille quatre cent soixante douze jours, je ne suis pas prête. Peut-être parce que je ne veux pas que quiconque sache ce qu'il s'est passé. Peut-être parce que je n'ai toujours pas réalisé à quel point tout cela m'a affectée. Peut-être parce qu'on ne peut pas se remettre de ce genre de choses.
Alors je souris quand il le faut. Pas trop parce que sinon ils sauront que tout ce que je montre n'est qu'une façade que j'ai du ériger bien à contrecoeur. Et pourtant, je ne me mêle plus tant que ça aux autres. Parce qu'avec mon anxiété est venue ma méfiance. J'ai peur quand l'on me regarde trop longtemps, peur quand l'on me parle trop longtemps, je me demande ce qu'on me veut rien que lorsque l'on me sourit. Tout n'est plus que question et insécurités. Je n'arrive plus à me mêler aux autres, c'est simple. Je n'y arrive plus, c'est tout. Alors pour les éloigner lorsqu'ils viennent d'eux-mêmes, je me réfugie derrière le sarcasme, ma seule arme, ma seule défense. Le seul moyen que j'ai trouvé pour qu'on ne m'approche pas de trop près. Certains pourront dire que je suis cruelle. J'essaie juste de protéger ce qu'il reste de moi, c'est à dire pas grand chose.
Pas grand chose.
C'est drôle.
Je ne suis pas grand chose et je ne crois plus en grand chose.
C'est plutôt triste.
On vous dira que c'est la vieillesse qui fait ça, que de toute façon dans une petite vingtaine de lunes, j'irai chez les Aînés pour radoter des petits contes aux chatons mais non, ce n'est pas ça. Je ne crois plus rien, pas parce que j'ai tout vu, ce n'est pas vrai.
Je n'ai pas vu la bonté, je n'ai pas vu la compassion, je n'ai pas vu le respect d'autrui.
Je n'ai pas vu l'amour.
Tout ce que j'ai vu ce sont des mensonges, encore et toujours, des mensonges. Alors non, je ne crois plus rien, je ne crois pas en l'amitié, en l'amour, au pardon, à la compassion. Je ne crois plus qu'en la haine et encore, c'est beaucoup me demander. Je crois en l'indifférence même si je ne suis pas vraiment si indifférente que ça. Sinon je m'en serais remise. Je crois en la colère, je crois au déni mais je ne crois pas au destin ni à la justice.
Ce qui est bien, c'est que je crois que je fais peur aux chatons. Ils ne m'approchent pas et c'est plutôt bien. Je ne supporte plus le contact. De qui que ce soit. Même de mes enfants. Je n'ai jamais supporté le contact de qui que ce soit depuis quarante-neuf lunes. Je n'ai touché personne depuis mille quatre cent soixante douze jours. Enfin, presque. J'ai bien été obligée de toucher mes enfants pendant six lunes. Il fallait bien que je m'occupe d'eux. Mais je les touchais le moins possible, je prenais sur moi.
Toucher les gens me rend malade. Je ne peux pas, je ne peux juste plus. Ma litière est à bonne distance de celle des autres, ils ont bien compris que quelque chose clochait mais ils n'ont pas posé de questions. Tant mieux. Ils doivent penser que je me fais discrète. Ca ne me dérange pas. Je le suis, après tout. En même temps, je ne vais pas me comporter comme avant, à être gentille avec tout le monde, à être attentionnée et tout ça. Parce qu'il faudrait déjà que je le sois encore pour y arriver et ensuite, parce que j'étais proche des gens et ça, il faut oublier. Parce que je n'ai plus confiance en qui que ce soit, que le toucher me fait paniquer et que je n'y arrive plus.
Oh, paniquer, ça aussi c'est quelque chose qui arrive.
Quand je n'arrive plus à respirer, quand mes pattes tremblent à m'en faire tomber, la chaleur qui se répand par vagues, parfois les larmes qui montent, la nausée qui se pointe et les vertiges qui font tout tourner autour de moi, ouais ça, je connais, j'ai donné. J'en ai toujours. Quand les gens me touchent, m'effleurent trop longtemps, quand j'étouffe, entourée de trop de monde, quand je repense à ce qu'il s'est passé il y a quarante-neuf lunes.
Parce que je ne suis plus rien.
Parce que ma personnalité n'a plus rien de ce qu'elle était avant.
Parce que la vie a décidé que je n'étais qu'un jouet.
Parce que le jouet est cassé.

HISTOIRE :

Love could be your best friend
Love can be your enemy
Love can be the thing you wish you had
But you don't ever see
Love can be the reason why you're afraid to have it


Je suis née il y a maintenant quatre vingt deux longues et interminables lunes. A cette époque, la Troupe Embrumée à laquelle j'appartenais et appartiens toujours, était menée par Nuts de Brumes Saccadées. Ca avait été un bon meneur même si je ne l'ai pas connu personnellement. Enfin bref.
Lorsque je suis née, j'étais fille unique de portée mais fille benjamine d'une famille. Mes parents se nommaient Anasira virevoltant parmi les Nuages et Ezrel hurlant la Vie. Mes deux grands frères, eux, s'appelaient Eïzzo contemplant le Silence et Tarjeï marchant dans le Noir.
Quant à moi, on m'a appelée Sita se perdant dans l'obscur de la Nuit.
Pour l'anecdote, il faut savoir que dans ma famille, les noms ont un sens.
Ma mère est née un jour de grand vent.
Mon père a hurlé longtemps dès sa naissance.
Mon premier frère est resté silencieux, chose peu commune.
Mon second frère a essayé de marcher dès son arrivée, autre chose peu commune.
Et moi, je suis née trop tôt.
Je suis née un peu trop tôt par rapport à la date prévue, il faisait nuit et ma mère était sortie de la tanière des familles poussée par l'envie d'une petite fringale nocturne. Je suis né là, au milieu du camp. Alors que ma mère criait et suait, j'arrivais, sous les yeux d'une Troupe entière, attendrie. Il faisait nuit. Une nuit noire. Il n'y avait pas d'étoiles. On ne voyait pas la lune.
Sita se perdant dans l'obscur de la Nuit.
J'aime beaucoup mon nom.
Je l'aimais beaucoup, pardon.
Il signifiait de belles choses à l'époque.
Maintenant, il a pris un tout autre sens.

I'd rather
Spend a minute with love in my life
Than go a million years without knowing
What it's like


Je dois m'estimer chanceuse de mon enfance, elle a été belle, pleine d'insouciance et de rêves enfantins que l'on fait tous.
J'admirais beaucoup Nuts, le meneur de la Troupe, sans le connaître. Il avait de la prestance, une façon d'être qui imposait le respect et m'incitait à une admiration des plus totales. Simple et directe, je me disais qu'il pouvait accomplir de grandes choses, lui. Je voulais devenir comme ça, moi aussi. Pas forcément meneuse de la Troupe, non. Juste quelqu'un capable d'accomplir de grandes choses. C'était déjà pas mal. J'aimais mon rêve. Je le chérissais, en parlais, je ne cachais pas mes ambitions. Et ce que j'ai toujours apprécié, c'est le fait que jamais ma mère ne m'a contredite sur ce point. Jamais elle ne m'a poussée à faire des compromis, elle n'a jamais essayé de me dissuader de quoi que ce soit, non. Elle désirait seulement me voir poursuivre mes rêves, m'épanouir dans une vie que je dirigerai moi-même selon mes convenances.
J'aimais beaucoup ma mère.
Nous n'étions pas proches comme une mère et une fille peuvent l'être, nous n'étions pas fusionnelles. Peut-être était-ce notre différence d'âge, après tout, elle était plus vieille que toutes les autres mères, elle avait cinquante lunes lorsqu'elle a eu Eïzzo et Tarjeï et soixante-dix quand je suis née. Elle n'était plus toute jeune pour une chatte sauvage, c'est pour cela que ma naissance prématurée en a inquiété plus d'un. Enfin.
Même si nous n'étions pas plus complices que ça, que nous ne partagions pas tous nos secrets, je savais que je pourrais toujours compter sur ma mère. Je savais qu'elle me soutiendrait toujours.
Mais il ne faut pas non plus croire que tout était rose entre nous deux. Nous avions des caractères opposés. J'étais une impatiente, elle était patiente, j'étais calme, elle était facilement irritable et parfois, je me conduisais trop en idiote. Parfois, elle me grondait. Elle me grondait fort, ma mère ne faisait pas dans la demi mesure. Avec elle, c'était soit tout l'un, ou tout l'autre. Mais je ne lui en ai jamais réellement voulu. Bien sûr, sur le coup, je lui en voulais, je pensais la détester mais c'est normal, à cet âge et à ces moments. C'est normal. Mais j'ai toujours aimé ma mère. Même lorsqu'elle flanchait.
Parce qu'elle était loin d'être parfaite, loin d'être invincible.
C'est pour ça que j'ai toujours respecté mon père.
Mon père qui avait toujours les mots, qui savait toujours quoi dire et quoi faire. Mon père qui était là pour elle quand je ne comprenais pas. Mon père qui était là pour moi quand je ne comprenais pas. Mon père qui savait m'expliquer comment Maman fonctionnait, comment je devais parfois me comporter, comment aider Maman à aller mieux. Il m'a appris la bienveillance, mon père.
Mes parents m'ont appris beaucoup de choses.
J'aurais aimé qu'ils m'apprennent la méfiance.

This thing called love,
Can be so cold
Sometimes it's amazing
Sometimes it's crazy
This thing called love


Peut-on appeler cette période de notre vie l'adolescence ? Cette période durant laquelle on nous qualifie de "novice". Sans doute. J'ai aimé cette période. Autant que l'enfance si ce n'est plus. J'ai eu la chance de me voir attribuer un mentor d'une nature optimiste, toujours très souriant et me poussant toujours plus loin, m'encourageant comme mes parents l'avaient déjà fait, m'incitant à me dépasser, vivre ma vie pleinement et surtout, surtout, ne jamais rien regretter.
Je peux dire que j'ai eu un apprentissage très complet et que mon mentor ne tarissait pas d'éloges à mon égard. Cependant, j'étais loin d'être la meilleure des novices, certes j'en surpassais certains mais il y en avait beaucoup je n'égalais même pas. Et puis j'avais des difficultés, notamment en combat. Alors qu'en chasse j'étais plutôt douée voire même très douée selon mon mentor, j'avais du mal à combattre. J'avais les techniques, je les connaissais et les connais toujours par coeur mais je n'arrivais tout simplement pas à me dire "là, je vais frapper quelqu'un". Ce n'était pas une chose possible pour moi. Je me refusais de faire du mal à quelqu'un ou seulement de risquer de faire du mal à quelqu'un. Au bout de deux lunes, mon mentor en a eu marre de cette réserve et m'a brusquée, assez pour me faire accepter de combattre. Alors je l'ai fait, toujours avec réticence mais au moins, maintenant, je sais me défendre.
Je ne voulais que me défendre avant.
Maintenant j'ai envie d'attaquer. Enfin. Seulement une seule personne. Les autres je m'en fiche. Enfin bref.
Durant toute la durée de mon apprentissage, je me suis beaucoup rapprochée de mes frères. Lorsque je n'étais encore qu'un chaton gambadant gaiement dans la pouponnière, eux patrouillaient déjà en long, en large et en travers sur le territoire. Mais lorsque je suis devenue novice, j'ai pu partir en patrouille, j'ai pu profiter de petites séances avec l'un d'eux lorsque mon mentor était malade ou simplement absent. Maintenant, le système à changer, il n'y a plus de mentor unique pour nos jeunes, tu es novice et tu te fais entraîner, c'est tout. Personne ne t'est attribué. En un sens c'est peut-être mieux, tu peux apprendre plus vite et plus efficacement et tu n'es pas pénalisé si ton mentor est absent un long moment. Mais d'un autre côté, cela empêche l'installation d'une relation de confiance entre le mentor et l'apprenti. Or, la confiance est une chose primordiale selon moi dans ce type de relation.
Et alors que je m'épanouissais dans mon adolescence, mes rêves ne faisaient que de grandir, que de se parer de mille et une magnifiques couleurs. Je me suis posée un million de question à cette période, quelques-unes en rapport par rapport à ma réticence au combat. Parce que moi-même je ne me comprenais pas trop sur ce point-là mais, à force de m'interroger, d'écouter mes camarades parler, j'ai compris. A ne pas supporter la violence je ne supportais pas non plus les rivalités inutiles et l'entêtement. Or, ces deux notions sont ce qui caractérise la relation entre la Troupe Embrumée, ma Troupe, et la Troupe Inondée. Je ne voulais pas de ça. J'aurais aimé que les deux Troupes se rejoignent, fusionnent, n'en forment plus qu'une, unie et respectée, dirigée par deux meneurs, deux flambeaux avec quatre guérisseurs et deux botanistes. Rien n'aurait trop changé à part peut-être le temps de débat des décisions importantes. Mais il y aurait eu beaucoup d'avantages. Il y aurait eu nettement plus de diversités, beaucoup plus de territoire disponible pour chacun pour un effectif conséquent, si l'un des meneurs est absent, malade, occupé, l'autre aurait pu s'occuper des baptêmes ou même simplment des annonces du camp, même topo pour les guérisseurs ou les botanistes. On aurait été heureux. Mais je n'ai jamais rien dit à personne de ce rêve que j'avais à cette époque-là. Parce que j'avais conscience que ce rêve n'était guère rien de plus qu'une chimère utopique. Un rêve qu'ont tous les chatons, or je n'étais plus un chaton n'est-ce pas ? Alors je n'ai rien dit, j'ai continué de rêver dans mon coin mais ça ne me dérangeait pas.
Un jour, ils auraient tous compris.

Yea, sometimes it might surround you
One minute it's saving you
Next it's trying to drown you
Some people want to show it
But were never taught how to
And some of us is searching for it
Feeling like it never found you


C'est lorsque je suis devenue chasseuse que j'ai vraiment pu me rapprocher de mes frères et les connaître un peu mieux. Je suis devenue plus proche d'Eïzzo qui était vraiment très gentil et prévenant bien que maladroit avec les mots. Et puis il y avait Tarjeï. A cette époque, je l'aimais bien, j'étais proche de lui mais j'avais plus de mal avec lui. Il était pessimiste au possible, cassant, parfois agressif et colérique sur les bords. Bien évidemment il n'avait pas que des défauts tout comme Eïzzo n'avait pas que des qualités mais je ne comptais plus les fois où je m'engueulais avec Tarjeï lorsque je lui disais de se calmer ou lorsque je donnais mon avis et qu'il n'était pas d'accord.
Aujourd'hui, je regrette cette relation conflictuelle que j'ai eu avec mon frère. Maintenant, ce n'est plus comme ça, ma personnalité a bien changé pour aller s'accorder à la sienne. Mais ça ne durera pas; A l'heure où je vous parle, Tarjeï vit sans doute ses derniers jours.
Jeune chasseuse, j'avais toujours mon improbable rêve en tête. Je n'en avais parlé qu'à mes deux frères et cela faisait partie d'un sujet fréquent de dispute entre Tarjeï et moi. Eïzzo n'était pas non plus tellement d'accord avec moi mais il respectait mon avis, essayait de calmer notre frère qui s'emportait alors très facilement et essayait de me comprendre, de savoir pourquoi je pensais ainsi. J'ai toujours bien aimé Eïzzo. Je pense que s'il était encore vivant à présent, je ne pourrais plus l'encadrer.
La vie me semblait belle à cette époque.
S'ouvrant à moi, pleine de promesses.
Seulement je ne savais pas à quel point je me trompais.

We don't know why we do this
But yet, we still pursue it
And love, it can consume you
Turn you into something else


J'avais vingt-sept lunes lorsque je l'ai rencontré.
Le chat le plus important de ma vie, même aujourd'hui.
Il s'appelait Ramsay. Je l'ai rencontré par hasard un jour sur la frontière et je n'avais pas eu le coeur à l'invectiver. J'étais restée impassible et je crois que cela l'a intrigué puisqu'il est venu à moi, un sourire hésitant sur les lèvres. Je m'en souviendrai toujours. Parce que ce jour-là, j'aurais dû continuer ma route, ne pas m'arrêter.
Parce que ce jour-là, je lui ai parlé.
On a sympathisé.
Lorsque je suis repartie de mon côté et lui du sien, j'étais heureuse tout simplement, pauvre fille que j'étais. Heureuse d'avoir trouvé un ami, heureuse d'avoir fixé un point de rendez-vous pour faire un peu plus connaissance quelques jours plus tard. Heureuse tout simplement.
Qui aurait pu m'en blâmer ?
Et alors que les jours passaient, alors que lunes passaient, j'ai fait la plus grosse erreur de ma vie.
Je suis tombée amoureuse de Ramsay.
Je n'avais pas honte de me l'avouer. Je savais que ça allait être compliqué par rapport à nos deux Troupes, je savais qu'il ne fallait pas que ça se découvre tant que les deux grandes rivales n'avaient pas fusionné mais j'étais heureuse, heureuse de pouvoir me l'avouer à moi-même, heureuse de pouvoir le lui dire.
"Je t'aime"
Je l'aimais tant. Quelque part, dans mon esprit tordu, je l'aime toujours.
On refaisait le monde à deux, on s'imaginait mille et une façon de vivre, on parlait de ce qu'on allait faire pour unifier les Troupes, les faire s'accepter l'une à l'autre, établir une paix qui durerait. Aveuglée par ses belles paroles, voilà ce que j'étais. Je ne me rendais pas compte que ses "Moi aussi" n'avaient aucune saveur, aucune profondeur. J'étais amoureuse, je l'aimais d'un amour fou, tendre, sincère mais surtout, nouveau. Je n'avais pas appris à me méfier de l'amour.
Et un jour, tout s'est écroulé.

Some say they understand
But don't know how it feels
Some say that it's alive
Some say that it can kill


Je l'attendais, Je l'attendais, cachée dans des buissons près de notre frontière commune. Une patrouille de sa Troupe est passée et je les entendais parler, je les entendais parler d'une certaine Elia. Que cette Elia était pleine maintenant et que tout semblait aller pour le mieux entre elle et son compagnon.

"Ramsay doit sûrement être fou de joie à l'heure qu'il est !"

Et la phrase qui résonne dans mon esprit.
La phrase qui a tout détruit.
Moi, Sita, trente et une pauvres lunes derrière moi, j'étais figée sur place. Je ne comprenais pas. C'était impossible, non j'avais dû mal entendre, voilà ce que je me suis dit sur le coup. Mais lorsque Ramsay a fini par me rejoindre, il a bien vu que je n'allais pas bien et moi, comme une idiote, je n'ai pas pu m'empêcher de lui en parler.

"T'es pas avec ton Elia ?"

Cette phrase.
La phrase qui m'a détruite.
Son expression a changé soudainement, passant d'un sourire que je pensais sincère mais qui était faux, à un masque implacable, froid. Le Ramsay que j'aimais tant n'existait plus. Avait-il seulement été réel un jour ?
Il s'est approché, je m'en souviens encore, je me souviens de son sourire froid qui s'est dessiné sur son visage alors que je reculais pas à pas. Je me souviens lui avoir dit d'arrêter, de reculer, de s'en aller, d'aller voir sa compagne et de me foutre la paix. Qu'il n'était plus. Je ne le pensais pas évidemment, j'essayais seulement de me convaincre. Mais il n'a pas apprécié.
Il faisait froid ce jour-là.
Je me souviens de sa patte puissante frappant ma mâchoir.
La terre était sèche, il avait fait chaud les jours précédents.
Je me souviens de mon corps tombant au sol.
Un orage se dessinait au loin.
Je me souviens de ses pas approchant dangereusement, de son ricanement.
C'était pour cela que l'on avait voulu se voir ce jour-ci, pour éviter au maximum que nos odeurs soient répréables.
Je me souviens que j'avais tellement peur que j'étais paralysée, je n'arrivais plus à rien.
J'ai voulu m'enfuir mais il m'a sauté dessus, j'ai voulu m'échapper, le griffer, l'éloigner, rien n'y a fait, il était beaucoup plus imposant que moi, beaucoup plus fort. Je me souviens avoir été assommée. Assez pour ne rien pouvoir faire, pour ne pas me rendre compte de ce qu'il faisait.
Pas assez pour ne pas souffrir.
Je sentais ses griffes comme incrustées dans mes épaules, ses griffes qui ne me lâchaient pas, son ventre contre mon dos, cette chaleur malsaine donc je ne voulais, je voulais qu'il parte, qu'il s'en aille, qu'il meure. Mais il n'z rien fait de tout cela.
Non, il a tranquillement fini son oeuvre.
Il m'a laisséé là alors que l'orage éclatait.
Il m'a laissée là alors que je ne bougeais plus.
Morte.

Yea, you scared to fall
Cause you know if that person hurts you
You gonna lose it all
They told you they would be there for you
They don't even call
So that openness you used to have
Has become a wall


Morte.
Tuée.
Mon corps ne bougeait plus.
Je sentais le sang couler.
J'avais envie de vomir, ce que j'ai fait.
Je suis restée étendue là, sur le sol, sous la pluie, le museau dans mon vomi pendant un temps infini.
Lorsque je me suis relevée, la nuit commençait à tomber.
J'ai essayé de marcher mais je ne faisais que tituber. Les larmes roulaient, roulaient, elles ne s'arrêteraient jamais, j'ai pensé.
Elles ne se sont jamais arrêtées de couler.
Jamais.
Je titubais et la pluie m'achevait à chaque pas. Elle me faisait tomber, si fine et pourtant si forte. Si seulement moi aussi j'avais été forte. Assez forte pour éviter ça. Je me suis arrêtée, j'ai vomi de nouveau. Encore. Et encore. Je n'avais plus rien dans l'estomac et au bout d'un moment, je ne libérais plus que de la bile. Mais mon corps n'a pas arrêté de rejeter tout ce qu'il avait.
S'il avait pu rejeter ma vie, j'aurais été heureuse.
J'ai avancé encore un peu.
Je suis tombée.
Je ne me suis pas relevée.
Mon corps tremblait, je tremblais tant, je n'avais jamais tremblé comme ça avant. Les larmes étaient encore plus présentes, elles se bousculaient pour s'évacuer, toujours rejointes par de nouvelles, jamais elles ne tarissaient. J'avais mal. Mon corps entier me brûlait, le sang avait séché et j'aurais aimé penser que la pluie m'a lavée mais ce ne fut pas le cas.
Je n'ai jamais été lavée de cette horreur.
Jamais.
Je suis restée là une nuit entière. Mes pattes tremblaient toujours lorsque le matin, je me suis relevée pour la énième fois. Lorsque j'ai vomi pour la énième fois. Lorsque j'ai pleuré pour la énième fois.
Je n'ai pas dormi du tout. Comment aurais-je pu ?
Il aurait pu revenir. J'aurais pu en cauchemarder. Sentir encore ses griffes plantées si profondément, avec violence, dans mes épaules. Le sentir au-dessus de moi. Je ne pouvais pas. J'y ai repensé, j'ai encore vomi.
J'ai emprunté les chemins que je connaissais le mieux pour rentrer, j'avais trop peur de traverser le territoire par des endroits que je ne connaissais pas. Je ne piuvais pas prendre lr risuqe, peut-être qu'il n'était pas parti, peut-être qu'il était toujours là, peut-être que...
J'ai vomi encore une fois.
Lorsque j'ai vu le camp, de loin ou peut-être pas si loin que ça, je me suis effondrée sur le sol, misérable. En pleurs.
Je me suis relevée. Encore. Parce qu'il le fallait. Parce que je ne pouvais pas rester là. Il ne fallait pas que je reste seule, il fallait que l'on me trouve. Mais je ne voulais pas être trouvée.
Pourtant, j'ai réussi à atteindre le camp. Et je me suis écroulée là, en plein passage, dans l'entrée. J'ai entendu un cri indistinct, des pas martelant le sol un "Sita !" qui a vrillé mes oreilles. Je devais faire peur à voir. Trempée. Epuisée. Tremblante. Les yeux dans le vide. En train de pleurer. De la fourrure arrachée sur les épaules.
Et j'ai perdu conscience.

You better grab it
You don't want to lose it
It brings pain
It's insane


Je n'ai plus jamais été la même.
Et le pire dans tout ça, c'est que mes camarades m'en ont voulu. D'avoir changé.
Je ne supportais plus les autres, je ne supportais plus ma propre présence, ma propre existence. Je n'ai néanmoins jamais tenté de mettre fin à mes jours. Si les Esprits avaient laissé Ramsay me détruire, ils n'allaient sans doute pas me laisser échapper à cette souffrance aussi facilement. Alors je suis restée en vie. Pour les autres. Parce que pour moi, j'étais morte depuis longtemps.
Le choc a été rude au début. Ils ne comprenaient pas, tous. Mais ils s'y sont fait assez vite. Ma famille, elle, jamais. Je n'ai jamais dit à personne ce qui s'était passé, jamais laissé personne le deviner, jamais laissé personne me questionner. Je n'ai plus supporté toutes ces paroles, tous ces mots, tous ces regards.
Je commençais à comprendre le pessimisme de Tarjeï.
Et Eïzzo me tapait sur les nerfs.
C'est avec lui que je me suis rendu compte à quel point ça n'allait plus.
A quel point j'avais été brisée.
Il m'avait demandé de le rejoindre quelque part dans le camp, il voulait parler qu'il disait. J'avais peur. Je voyais le mal partout. Pourquoi me demander d'aller quelque part là où les autres n'entendraient rien ? Pourquoi s'éloigner ? Lui aussi me voulait du mal ? Lui aussi voulait en profiter ? Je n'étais donc que ça ?
Paranoïaque oui, ça je le suis bel et bien devenue.
Mais il n'a rien fait.
Il voulait me parler.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé Sita ?"

Sa question, ses mots, son intonation.
Je ne pouvais pas répondre, je ne devais pas. Il pourrait revenir sinon, il me referait du mal. Il recommencerait ce qu'il avait déjà fait. Parce qu'il n'est pas une bonne personne, il est violent et manipulateur. C'est un menteur.
Et pourtant une petite partie de mon coeur l'aime encore.
Parce qu'on n'oublie pas son premier amour.
On n'efface pas les sentiments ainsi.

"Sita réponds-moi !"

Et il a crié trop fort.
Il s'est approché trop vite.
Et j'ai senti sa fourrure frôler la mienne.
J'ai reculé comme si je m'étais brûlée. Comme si ce simple contact affectif d'un frère à une soeur était une abomination, une agression, comme s'il était un feu ardent et que je n'étais qu'un morceau de chair à vif.

"Sita ?"

Et mon nom dans sa bouche, mon nom qui sonnait si bien dans sa bouche à lui, lui qui a tout gâché, qui a gâché ma vie, qui m'a détruite.
Et mon frère qui ne comprend pas, mon frère qui s'approche, tend la patte.
Et moi qui hurle.

"Ne me touche pas ! Me touche pas ! Va-t-en ! Me touche pas !"

Et je me souviendrai toujours de cette incompréhension sur son visage.
Je me souviendrai toujours du soupir qu'il a poussé en me laissant seule.
Oui Eïzzo, tu en avais marre n'est-ce pas ? Marre d'essayer de comprendre, marre de vouloir me tirer les vers du nez, marre de ne pas comprendre ce qui avait changé en moi, marre de moi.
Mais ne t'inquiète pas.
Moi aussi.
Moi aussi j'en ai marre d'exister tu sais.

One minute I'm on the ground
Next minute I'm in the sky
I feel invincible
And so unrejected
Forget it, I'm invisible
And I feel unprotected


La pire nuit de ma vie a eu lieu deux lunes après le pire jour de ma vie.
Parce que Ramsay m'avait offert un dernier cadeau.
Parce qu'il avait dû estimer que je n'étais pas assez détruite.
Parce qu'alors que je pleurais la mort de ma mère, morte de vieillesse après cent trois longues lunes de vie, ça a commencé.
Ils arrivaient.
Et je ne pouvais rien y faire.
Ils sont nés ce jour-là.
Ils sont nés le jour où ma mère est morte, le jour où j'ai souffert.
Je ne voulais pas d'eux.
J'aurais dû les tuer, j'aurais dû les abandonner, aller les rendre à Ramsay en lui disant que son cadeau il pouvait bien se le garder. Mais je n'ai jamais pu. Ces enfants n'étaient pas responsables des actes de Ramsay. Pas responsables de ma destruction.
Alors je les ai gardés.
Anaïra - en hommage à ma mère - volant avec les Papillons.
Elyon défendant la Justice.
Je ne sais pas ce qui m'a pris de nommer mon fils ainsi.
Quelle ironie.
Voilà que je devenais sarcastique avec moi-même.
J'étais perdue.Je n'avais aucune idée de comment j'azllais gérer deux enfants.
Surtout que mon fils, Elyon, lui ressemblait tant, beaucoup trop.
Perdue.
Détruite.
Morte.

Yo I don't need nobody else
Trust me, I'm fine
I can't do this by myself
I'm losing my mind
I can see clearly
Forget it
I'm blind


Je n'ai jamais dit à personne qui était le père de mes chatons et j'ai toujours été mal perçue à cause de ça. Aussi parce qu'Elyon ne ressemblait à personne de la famille. Ils m'ont posé des question, mes deux enfants.
"Où est Papa ?"
Je n'ai jamais répondu, même à eux.
Jamais.
A présent ils sont tous les deux des chasseurs. Enfin Elyon est le flambeau de la Troupe maintenant. Je suis fière de lui et pourtant, le fait qu'l ressemble tant à son père me fait un mal fou.
Je me fais vieille maintenant. Mon père est mort depuis longtemps, Eïzzo aussi. Tarjeï es ttoujours là lui, chez les Aînés. Je vais le voir de temps en temps. Prendre des nouvelles, parler un peu, on déprime ensemble. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé à lui pour qu'il soit ainsi. Et lui ne sait pas ce qu'il m'est arrivé. Ces secrets nous rapprochent et pourtant, je sais que mon frère vit ses derniers jours, que bientôt il mourra, comme tout le monde.
Et parfois, je ne peux m'emêcher de souhaiter que mon tour vienne.
Parce que je ne suis plus vivante depuis bien longtemps et que personne n'a jamais réussi à ramener les morts à la vie que je sache.
Je suis détruite, mon coeur est brisé, mon corps violé.
Ma présence seule est pour moi un enfer.
Je ne supporte plus que l'on me touche, je ne supporte plus rien du tout.
Alors oui, je l'avoue bien volontiers, j'aimerais mourir.
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