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 Mère des Exilés - "Donnez-moi vos pauvres, vos exténués, vos aspirants à la liberté, vos déchets incompris, vos déshérités, tous ceux que vos coutumes ont refoulés."

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Alice
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MessageSujet: Mère des Exilés - "Donnez-moi vos pauvres, vos exténués, vos aspirants à la liberté, vos déchets incompris, vos déshérités, tous ceux que vos coutumes ont refoulés."   Sam 18 Fév - 13:46

Âge : 98 lunes
Sexe : Femelle
Clan : Solitaire
Rang : Mère de vos pauvres, de vos exténués, de vos libertins, de vos rebuts, de vos réprimés, de vos déshérités, de vos incompris, de vos fous à lier, de vos illuminés. Mère de la pauvreté de votre monde.
But : Accueillir tous ceux étant dans le besoin au mépris de leurs origines, de leur passé, de leur futur, de leurs intentions. Aider les plus blessés à se reposer de la vie, offrir un répit aux combattants en peine, laisser les amours en sécurité dans un lieu de paix et de tolérance.

PHYSIQUE : Not like the brazen giant of Greek fame,
With conquering limbs astride from land to land,
Here at our sea-washed, sunset gates shall stand,
A mighty woman with a torch, whose flame,
Is the imprisoned lightning, and her name,
Mother of Exiles.


Mon corps est un bien joli déchet. Il est plutôt grand mais tellement imposant, grand et fin, pratique pour se faufiler, se cacher, partir en douce et ne jamais revenir, ne pas laisser de traces. Corps qui a vieilli qui est devenu un peu rouillé sur les bords, mes articulations ne sont plus ce qu'elles étaient avant. Avant. C'était le bon temps. A présent je ne peux plus chasser sans que cela ne me fasse souffrir le martyr alors je me contente de marcher, de courir. Me battre me fait du mal mais je fais avec. Je n'ai pas le choix.
Mon pelage était beau, avant. Il n'était pas rougeoyant comme la braise ni éclatant comme la neige mais plutôt dérangeant comme la noirceur secrète des cœurs tueurs. Il était d'une jolie, d'une douce noirceur. Une noirceur qui me plaît bien et qui m'a valu mon troisième nom. Noire Amaryllis. C'était un joli nom. N'est-ce pas ? Aussi abject que mes anciennes coutumes qui m'étaient imposées. Ma fourrure est aussi noire qu'avant. J'en prends soin car elle est ma plus grande fierté. Après tout sans elle je suis vulnérable, comme tout chat en ce monde. Elle préserve mes pattes de la dureté des chutes, ma queue du vent glacé de l'hiver et mes oreilles des griffes fourbes de mes locataires.
Mes oreilles. Sommet d'un visage anguleux, elles surplombent deux grands yeux en amande d'une couleur bien banale. L'un est bleu comme l'océan, bleu comme un ciel sans nuages, bleu comme ne le sera jamais une rivière. L'autre est blanc. Blanc comme la neige, comme un ciel gris d'automne, blanc comme la glace.
Je suis borgne, aveugle d'un oeil. C'est à cause d'un combat. La cicatrice qui barre cet oeil, le gauche, est rose, la fourrure ne repousse plus à cet endroit.
Mais ne vous en faites pas.
J'ai gagné de combat.
J'ai peut-être perdu un oeil mais l'autre y a laissé sa vie.

CARACTERE : From her beacon-hand,
Glows world-wide welcome; her mild eyes command,
The air-bridged harbor that twin cities frame.
"Keep ancient lands, your storied pomp!" cries she,
With silent lips.


Surtout, si j'ai bien un conseil à vous donner, c'est de ne pas vous fier à votre première impression quand vous me verrez pour la première fois de votre vie. Parce que vous savez quoi ? Vous me verrez comme l'archétype même d'une petite vieille acariâtre.
Je suis chiante. Ah ça oui. Enfin, ça dépend sur quoi et pour quoi. Si vous ne payez pas le loyer que je vous impose je vous rends la vie impossible. Je vous vire aussi de chez moi. Je souvent très insistante sur le loyer d'ailleurs. J'en parle tout le temps, j'y glisse toujours des petites allusions, j'ai bien sous-entendre des choses et la subtilité aussi, ça me plaît. Je ronchonne aussi. Lorsque je suis dans de mauvais jour, j'aime bien râler en continu, je peux vous congédier sans préavis, j'aime aussi hurler sur les gens lorsqu'ils m'énervent ou qu'ils me pompent l'air.
J'aime ma solitude.
Elle et moi on s'accompagne depuis bien longtemps.
J'en ai vu des chats accompagnés. Des chats accompagnés d'autres chats, de la vie, de leur maître quel qu'il soit, de la Vie, de la Mort, du Néant, de l'Amour, du Divin. J'en ai vu des chats aux croyances extrêmes ou inexistantes.
Moi je vis avec Solitude. Solitude elle me connaît depuis bien des lunes. C'est Solitude qui m'a fait découvrir le havre de paix et de tolérance dans lequel je vis encore aujourd'hui. Je lui parle parfois, comme tout le monde. Mais la Solitude n'est pas comme la Mort qui vous offre un silence pesant pour seul réplique, non la réponse de Solitude est un sentiment apaisant de soulagement.
Mais Solitude est oppressante parfois.
C'est pourquoi j'ai besoin de compagnie, j'ai besoin de sentir la vie, des coeurs battre sur des tempos différents mais tous aussi beaux les uns que les autres. J'ai besoin de souffle, d'un passé, j'ai besoin d'histoires, j'ai besoin de gens. Si je n'ai personne je meurs à petit feu et j'aime sentir la jeunesse courir dans mes pattes même si cela me fait râler. J'en ai croisé du monde mais ceux que je préfère ce sont les chatons, les jeunes innocents et les plus vieux qui se sont perdus dans les méandres d'une douce et rationnelle folie.
Parce que dans le fond, on m'a dit que j'étais quelqu'un de bien. Que j'étais ouverte et je le sais, je le sais que je suis tolérante. C'est pour cela que j'ai décidé d'être indépendante et de partir. Que j'ai décidé de m'affranchir, parce que je n'ai jamais eu peur de dire merde aux autres. Mais je n'aime pas ces autres. J'aime les différents, j'aime les incompris, les rejetés. Ceux qui ont ce petit plus qui paraît comme étant un grand moins. Je les aime beaucoup. C'est eux que j'accueille. Ils sont les seuls à frapper à ma porte et je suis la seule à leur ouvrir, parce que je comprends.
Je comprends les maux de l'âme et j'écoute les plaintes du coeur.
J'aime philosopher, rassurer, écouter, guider. J'ai toujours aimé ça, guider les jeunes âmes vers des sentiers faits pour eux, les faisant ainsi quitter les chemins tout tracés et disgracieux que ce monde conçoit à l'avance pour eux.
C'est ironique n'est-ce pas ?
Je m'appelais Noire Amaryllis et pourtant, mon coeur était comme un Lys Blanc.
La Vie m'a changée, l'Amour plus encore et la Solitude m'a achevée.

HISTOIRE : "Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, tempest-tost to me,
I lift my lamp beside the golden door !"


PROLOGUE

Elle s'appelait Douceur Fruitée.
Il se nommait Appel Mélodieux.
Ils étaient deux fiers guerriers du Clan du Tonnerre. L'un était orphelin, l'autre semblait gâtée par la vie. Ils ne se connaissaient pas particulièrement, ils se croisaient, se saluaient par politesse. Leur véritable rencontre a eu lieu un jour d'hiver. Vous savez ce genre de jour qui ne donne pas vraiment envie de sortir, ce genre de jour où l'on voit les arbres dénudés frissonner parce que le vent les fouette de tous côtés. Ce genre de jour où l'on peut apercevoir quelques flocons tomber ça et là, où l'on peut sentir la température baisser, où l'on voit les chats se serrer au chaud les uns contre les autres dans leurs tanières tandis que ceux qui ont été désignés pour patrouiller râlent et craignent ce grand froid qui est là, tapi dans cette immense forêt.
Des patrouilleurs il y en avait quatre. Douceur Fruitée, Nuage d'Aconit, Clarté de l'Aurore et Appel Mélodieux. L'apprenti, le seul de la patrouille, était celui d'Appel Mélodieux mais leur relation n'était pas très... amicale. Disons que ce n'est jamais facile de devoir prendre en charge qui pense être mieux que tout le monde et tout savoir.
C'est pourquoi ce jour-là, Douceur Fruitée a proposé à son égal de prendre en charge l'apprenti à sa place, ce que l'autre guerrier a accepté, reconnaissant comme jamais il ne l'avait été.
Mais ça n'est pas tout.
Non car l'apprenti qui savait tout n'aimait pas non plus être pris en charge par une autre guerrière. En fait, s'il avait pu être seul, cela l'aurait ravi. Mais heureusement pour sa fourrure, durant cette journée, il ne l'a pas été. Parce qu'il y a un ruisseau sur le territoire du Clan du Tonnerre, un petit ruisseau de rien du tout mais un ruisseau quand même. Et qui a été assez bête pour faire le fou sur la glace qu'il pensait épaisse ? Nuage d'Aconit.
Oh, il ne lui est rien arrivé de malheureux. Puisque Douceur Fruitée a eu l'intelligence de le pousser en se jetant sur lui, se faisant emporter par le courant glacial de l'eau. Ce n'était qu'un petit ruisseau.
Mais on peut se noyer dans à peine un petit centimètre d'eau.
Alors un ruisseau, il y a de quoi mourir une bonne vingtaine de fois.
Mais Douceur Fruitée n'est pas morte ce jour-là. Parce que l'apprenti a été suffisamment intelligent pour ne pas essayer de la sauver tout seul. Parce qu'il a appelé de l'aide et, qu'à deux, Clarté de l'Aurore et Appel Mélodieux, ont réussi à sortir la femelle de là.
Sauf que ladite femelle ne s'est pas réveillée ce jour-là.

C'était un beau jour. Il faisait froid, il faisait toujours froid. Mais quelque chose avait changé. Oui, ce jour-là, la glace s'était brisée.
La glace du ruisseau n'était plus.
La glace séparant deux êtres fondaient à vue d'oeil.
Deux êtres qui n'ont pu se retrouver que deux lunes plus tard.
Deux lunes durant lesquelles, Appel Mélodieux n'a eu de cesse que de regretter cette journée passée. Cette journée où il aurait dû prendre sur lui, refuser de laisser quelqu'un d'autre prendre en charge son apprenti qu'il savait dangereux pour autrui.

Lorsqu'elle s'est réveillée, Douceur Fruitée n'a d'abord pas très bien compris ce qui pouvait bien lui arriver. Elle était... elle ne savait pas. Les odeurs se mélangeaient et elle ne parvenait pas à en reconnaître une seule. Il faisait sombre et elle entendait des chuchotements. Puis les chuchotements devinrent paroles floues pour qu'enfin un cri tranche le pseudo silence du lieu inconnu dans lequel elle se trouvait.

- Elle a ouvert les yeux !

Yeux qui se ferment aussitôt. Trop de bruits, trop d'odeurs, trop de choses inconnues, trop de...

- Ecartez-vous !

Une voix autoritaire mais pourtant emplie d'une joie sous-jacente. Oh.
Le guérisseur ? Le Clan ? Elle comprend mieux.
Une cavalcade et un mal de tête.
Deux yeux verts rafraîchissants.
Quelques mots, de l'inquiétude.

- Est-ce que ça va ?

Appel Mélodieux.
Elle parvient à grand peine à mettre un nom sur ces yeux, ce chat, cette odeur, cette voix. Appel Mélodieux. Celui dont l'apprenti avait été la cause de la glace se brisant et... elle ne se souvenait pas.
Elle essaie de se relever mais ses muscles ne répondent plus. Même sa bouche est pâteuse et sa voix plus rauque que jamais lorsqu'elle parle.

- Que s'... est-il passé ?

Elle tourne difficilement la tête vers le guérisseur. Elle le reconnaît maintenant. Celui-ci la regarde d'un air à la fois grave et réprobateur.

- Hypothermie. Coma. Coeur faible. Deux lunes. La prochaine fois que tu as envie de prendre un bain, choisis une autre saison.

Elle grimace. Elle aurait pu se passer de tant de sarcasme et...
Deux lunes ?
Deux lunes de coma ?
Mais...
Cela expliquait son corps qui ne répondait que très peu et sans doute la migraine qui l'assaillait, plus forte que jamais. Elle entend à peine le guérisseur dire aux autres de partir et à elle de se reposer.

Elle ne s'est réveillée que quelques heures après et la seule personne présente à ses côtés était Appel Mélodieux. Elle s'est demandé ce qu'il pouvait bien faire encore ici. Elle se souvient que ce jour-là, elle lui a demandé s'il n'avait pas mieux à faire, s'il n'avait pas de compagne à aller voir ou des patrouilles à mener. Il lui a répondu alors "pas encore". Et elle ne savait pas très bien à laquelle de ses questions cette réponse s'accordait.

Je vais vous passer les détails de cette histoire, cela ne regarde qu'eux. Même moi je ne sais pas tout de leur relation, de ce qu'ils ont traversé. Je sais qu'Appel Mélodieux a aidé Douce Lueur a remettre son corps d'aplomb, que dans la foulée, elle est tombée amoureuse de lui comme lui l'était depuis la première lune du coma de la belle.

Et puis, un an plus tard, il y a eu moi.
Leur unique fille.
Leur fierté.
Petite Amaryllis.

UC

"Il faudra que tu te montres brave mon petit. Brave comme les guerriers de cette forêt. Mais dans cette bravoure n'omets pas d'avoir un coeur, il te suffira de l'écouter pour savoir où aller. Tous les savoirs ne seront pas tiens mais ceux que tu auras éclaireront d'autres lanternes. Aujourd'hui c'est moi qui t'apprends, demain c'est toi légueras."
"Ne laisse pas la rancoeur du monde te briser ni leurs coutumes t'oppresser. Ils ne savent rien et n'ont jamais rien su. Ils ne sauront jamais. Ils ne voient pas que tu es résolument beau, ils sont aveugles aux beautés des bonnes âmes qui s'ignorent."
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