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 Chant de la Colombe | Physique, caractère, fautes

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Alice
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MessageSujet: Chant de la Colombe | Physique, caractère, fautes   Ven 23 Déc - 22:42

ÂGE : 66 lunes
SEXE : Femelle
CLAN : Vent
RANG : Chef
BUT : Aider au bon développement du Clan en entraînant et enseignant l'art de la guerre et de la chasse aux apprentis. Car les apprentis sont les futures légendes de la forêt. Elle ne désire nullement fonder une famille ou même trouver l'amour réel car cela ruinerait ses projets pour les jeunes générations à venir. Alors, que les jeunes générations sont importantes car elles représente l'avenir et donc ceux qui restent sur terre. Tu peux courir à l'infini, à la poursuite du bonheur la terre est ronde autant l'attendre ici. Elle veut prendre le temps avant que le temps la prenne et l'emmène.

PHYSIQUE : Chant de la Colombe est, à ce que dit son entourage, dotée d'une beauté rare et envoûtante. Quel que soit l'angle ou on la regardait, elle nous apparaissait comme une pure merveille tout droit tombée des cieux. Elle était une étoile luminescente dans ce monde laid et sombre comme la mort. Ce fut ce physique dont toute jeune chatte rêvait mais qu'elle haïssait plus que tout qui la perdit, mais nous aborderons ce sujet dans son passé désastreux. S’il est une saison qui décrit parfaitement Chant de la Colombe c’est l’automne. Avec puissance le vent fait s’envoler et danser les feuilles qui rougissent sous un soleil d’or ascendant.
Avec souplesse et légèreté,Chant de la Colombe glisse sur le sol sans un bruit. Comme un flot soyeux, son pelage court et lisse danse et brille de reflets roux et châtaigne.
Alors qu’on pourrait croire que son corps serait aussi lisse et harmonieux que celui d’une poupée, il est en réalité taillé et sculpté par l’effort et le travail. Ses muscles galbés et bien entretenus lui assurent une silhouette élancée ainsi que des capacités physiques supérieures à ce que devrait avoir une chatte normale. Son entraînement lui a permis de développer ses sens, son endurance, son agilité. Mais c’est ce qu’elle veut laisser paraître et n'aime pas user de ses charmes pour fausser les apparences.
La nature lui a donné une silhouette frêle et grande, la rendant fragile d'apparence mais qui n'est, en outre, aucunement le cas. Son visage légèrement triangulaire et étroit n’a pas de défaut. Un front lisse surplombe des sourcils fournis et si nettement marqués qu’on les croirait dessinés. Leur teinte du même châtaigne que son pelage contrastent avec le noir profond des ses longs cils et de ses yeux de biches couleur vert d’eau. Ses joues rebondis forment un agréable ensemble avec son museau délicat et ses lèvres à la moue boudeuse. La plupart des mâles ont d’ailleurs bien du mal à la regarder dans les yeux, si vous voyez ce que je veux dire…

CARACTÈRE : Comme la lune, Chant de la Colombe peut être lumineuse ou sombre.
Une lumière se doit d’être brillante, dans tous les sens du terme. En tant que guerrière humble et noble, elle a apprit à sourire poliment, à se montrer aimable, à faire profil bas, mais surtout à jouer les potiches écervelées. Bien sûr tout l’art de la cour est de faire croire que l’on est réellement une potiche. Chant de la Colombe sait donc parfaitement glousser, rougir et pleurnicher sur commande. Elle sait très bien aussi placer quelques remarques intelligentes dans un flot d’âneries. Se faire passer pour une idiote permet d’obtenir beaucoup de renseignements, qu’il faut ensuite pouvoir analyser.
Dans l’ombre, les complots se trament et Chant de la Colombe sait comment les démêler. Elle retient tous les petits détails, les attitudes, les non-dits et les analysent. Malgré le fait qu'elle ait finit sa formation de guerrière parfaitement accomplie, certaines choses lui échappe, mais elle a plutôt un bon instinct. Cet instinct lui pose parfois quelques soucis. Chant de la Colombe est d’un naturel impulsif et franc. Elle n’aime pas enrober ses paroles de jolis mots et de tournures alambiqués. Bref, elle aime dire merde aux gens et leur balancer sa patte dans la figure quand elle en a envie. Elle aime dire ce qu'elle pense d'un individu, et ce, sans aucune retenue de sa part, même si l'individu en question est l'un de ses proches et qu'elle risque de le blesser. Mais elle doit se retenir. Se contenir.
Entre ombre et lumière, Chant de la Colombe glisse de l’un à l’autre sans avoir encore trouvé sa place. La seule personne qui lui donnait cette illusion de stabilité, c’était son frère. Une illusion se dissipe toujours, son frère lui a été volé. Elle n’a plus de famille ni de confiance envers les autres, elle n’a plus rien. Sauf la haine. Et bien cachée sous la rancœur, la peur d’être de nouveau traquée, et la rage de survivre… Il y a la tristesse et la solitude. Car elle est seule. Seule et ne peut se fier à personne. Elle est toujours entourée de mâles avides qui n’attendent qu’une chose de la réelle beauté qu'elle est.

HISTOIRE : Il faisait noir. Non. Il faisait nuit. Mais nous ne sommes qu'en fin d'après-midi. En fait, nous nous trouvons en pleine saison des neiges, à l'intérieur de la pouponnière du camp du Clan du Vent. On entend des halètements de douleur et de fatigue. Une chatte est en train de mettre bas. On entend des chuchotements aussi. Sans doute les autres reines. Ainsi que le guérisseur du Clan et son apprenti. A priori, tout se passait bien. Les halètements cessèrent. Un grand silence. Un cri de douleur. Puissant. Un paquet mouillé glissa sur la litière. L'aînée. Une femelle. Les halètements reprirent. Un troisième cri. Le cadet. Un mâle. Une longue accalmie. Le guérisseur s'approcha et tâta le ventre rebondi de la nouvelle mère.

C'est bon. Il n'y en a pas d'autres.

Sur ces paroles, il lui donna quelques recommandations ainsi que des graines de pavot et repartit dans sa tanière. Cependant, il avait tort. Certes, il n'y avait plus de chaton à expulser. Mais la mère cauchemarda de son accouchement toute la nuit en criant et hurlant. Cela énerva prodigieusement ses camarades de tanières qui avaient donc fait nui blanche. Le matin, alors qu'elle contemplait sa progéniture d'un regard flamboyant de fierté, le père, son compagnon, entra. Grand, une carrure imposante, des yeux orageux, il avait l'ai menaçant juste en étant simplement là. L'heure était venue de nommer leurs enfants.

Je veux que le mâle se nomme Petit Rugissement. Tu peux choisir pour ta fille. Mais ne prends pas de nom glorieux. C'est une femelle. Elle n'aura pas autant de renommée que mon fils. C'est la tienne après tout.
lança-t-il.

Je... N'as-tu pas honte ?!

Il se redressa, menaçant, leva une patte, et frappa sa compagne au visage de toute sa force. La femelle chancela violemment.

Aurais-tu donc oublié qui est le maître ici ?
ajouta-t-il.

Elle le regarda craintivement Et il renifla dédaigneusement avant de partir. Elle lui lança un regard meurtrier et laissa échapper une larme discrète. Elle se recoucha, ne baptisant pas encore sa fille. Sans savoir que celle-ci avait assisté à toute la scène. Elle se pencha vers sa mère et se blottit contre elle mais ne dit rien. Petit Rugissement fit de même et la petite famille s'endormit bien vite.
Le lendemain matin, Petit Rugissement réveilla tout le monde en demandant haut et fort :

Maman ! Maman ! On va l'appeler comment ?

Je ne sais pas... Que dirais-tu de... Petite Colombe ?

C'est beau ! Eh ! Petite Colombe ! Tu viens on va jouer dehors !

Toute excitée d'avoir été baptisée, Petite Colombe sourit joyeusement et les deux mouflets allèrent jouer dehors, bien sagement devant la pouponnière. La mère les regarda faire avant de se rendormir. Les petits cessèrent leurs jeux quelques heures plus tard et allèrent rejoindre leur mère.
L'après-midi, leur père vint à leur rencontre et prit Petit Rugissement à part, laissant seule Petite Colombe qui se retrouva sans compagnon de jeu et dû s'en aller déçue. Elle alla s'allonger sur sa litière, seule. Sa mère étant partie chasser un peu afin de se dégourdir les pattes. Elle se positionna sur le dos et scruta le plafond de la pouponnière. Elle détaillait les feuilles du regard, elle fixait les moindres rebords de branches. Mais elle faisait autre chose également. Elle pensait. Elle pensait à ce qu'elle avait vu. Sa mère aimait son père mais d'un amour incompréhensible. Son père, lui, n'accordait aucune attention à sa compagne et allait souvent voir d'autres femelles. Il se fichait éperdument du sort de sa fille mais s'occupait de son fils comme s'ils étaient seuls au monde. Ce jour-là, la jeune et fragile jeune chatte prit une décision. Elle ferait tout pour montrer à son père qu'elle valait mieux qu'une vulgaire souris en décomposition depuis quatorze lunes. Elle ferait tout pour l'impressionner jusqu'à ce qu'il reconnaisse qu'il avait tort. Elle savait très bien que cela ne serait pas gagné d'avance mais elle essaierait, coûte que coûte. À force de penser, elle se mit à somnoler.

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Petite Colombe ! T'es où ? Ça va ?!

Oui, il nous a rattrapé ?

Il n'est pas loin. Je le sens.

Tu crois qu'on va mourir ?

Je te protégerais.

Petit Rugissement et Petite Colombe entendirent des reniflements. Ils se regardèrent, les yeux emplis de frayeur. Ils sortirent du buisson dans lequel ils s'étaient cachés et détalèrent, à la recherche de leur camp. Un forme rousse se mit à s'élancer vers eux à leurs arrières. Les petits hurlèrent tout en continuant de courir. Ça y est. Le camp était là. Juste devant. Quelques mètre tout au plus. Un chat bondit au dessus d'eux et atterrit sur le renard. Suivit un combat acharné qui mit le goupil en déroute. Les deux petits chenapans soupirèrent de soulagement et rentrèrent tranquillement au camp comme si de rien n'était. Malheureusement pour eux, ils ne passèrent nullement inaperçu. Leur mère vint à leur rencontre.

Où étiez vous passé ! Je me faisais un sang d'encre ! Petit Rugissement tu vas bien ? Et toi Petite Colombe ?

Peu importe Petite Colombe ! Mon fils aurait pu mourir de ce renard ! Je parie que c'est ta fille qui a voulu fuguer ! N'est-ce-pas ?

Je...je... Oui papa...

Bonne à rien !

Il leva une patte et la frappa au visage, l'envoyant valser sans ménagement de sa part. Le mâle repartit, entraînant Petit Rugissement avec lui, le chouchoutant s'assurant qu'il soit en parfaite santé. Petite Colombe se mit à pleurer. Son père ne l'aimerait-il donc jamais ? Serait-il toujours comme ça avec elle ? Mais surtout. Pourquoi ? Pourquoi la dénigrait-il autant. Tandis qu'elle se posait toutes ces questions, sa mère l'attrapa doucement par la peau du cou et l'emmena au sein de la chaleureuse pouponnière. Pour dormir. Cela en devenait lassant.

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Nuage Rugissant !
Nuage de Colombe !
Nuage Rugissant !
Nuage de Colombe !

Ils étaient acclamés. Ils étaient ensemble. Ils étaient enfin apprentis. Ils étaient heureux. Chacun d'eux avait foi en leur mentor respectif et se sentait tout excité d'aller s'entraîner. Cependant, Nuage de Colombe ne se sentait pas très à l'aise. Elle avait certes remarqué à quel point sa mère était fière d'elle ainsi que de son frère. Mais elle avait également croisé le regard ambré de son paternel qui lui, lui avait lancé un regard noir, vaguement menaçant. Ça n'était pas maintenant qu'elle allait pouvoir l'impressionner. Elle soupira. Puis se remit à sourire, histoire de faire bonne figure. Son mentor lui fit signe de descendre du Promontoire de et de le suivre. Elle obéit sans rien dire.
Elle s'entraîna dur. De jour comme de nuit. Dans la chaleur comme dans le froid. Matin comme soir. Qu'il pleuve ou qu'il vente. Qu'il grêle ou qu'il neige. Ainsi se déroulèrent les lunes. Dans la souffrance, autant que physique que morale, mais Nuage de Colombe en ressortit apaisée. Pure. Bien évidemment, ses doutes demeuraient bien ancrés en elle. Elle ne pouvait le nier. Mais l'apprentissage lui vidait l'esprit et la faisait se concentrer sur autre chose que son but d'impressionner son père, bien qu'au fond d'elle, elle veut bien admettre que jamais son père ne lui accordera la moindre attention positive.
Les lunes passèrent. Nuage de Colombe acquit de nombreuses capacités et de nombreux savoir. Elle grandit considérablement. Mais elle ne se fit jamais remarquer par son père qui lui préférait continuellement Nuage Rugissant. Mais, pour le moment, ça n'était pas ce qui la préoccupait le plus. Elle avait entendu parler d'une attaque d'un autre Clan pour une raison qui lui était inconnue. Elle avait peur que cela ne se fasse très bientôt.
Ses craintes se confirmèrent deux jours plus tard, la veille de son baptême de guerrière. Alors que la nuit tombait, on entendit un hurlement strident. L'alerte sans doute. Aussitôt, les guerriers sortirent de leur tanière, les anciens fermèrent la leur tandis que les reines rassemblaient leurs enfants et les ramenaient au sein de la pouponnière. Nuage de Colombe vit son frère se précipiter et elle s'apprêtait à le suivre quand son père l'interpella.

Nuage de Colombe ! Va dans la pouponnière tu seras à l'abri !

Mais Papa je...

La ferme ! Les faibles vont dans la pouponnière donc tu y vas ! Compris ?

Mais...

Compris ?!

Oui Papa...

Penaude, elle alla donc dans la pouponnière et regarda son paternel frapper sa mère et celle-ci la rejoindre. Elles entrèrent toutes deux dans la tanière et sa mère boucla proprement l'entrée. Nuage de Colombe alla s'asseoir vers le fond de la pièce. Les chatons la regardait, elle et sa mère, avec une curiosité non feinte. Ils devaient se demander ce que faisait une apprentie et une guerrière en ces lieux. Leurs mères, elles, ne semblaient nullement surprise. Cependant, personne ne s'attarda sur ce point inhabituel, trop occupés à écouter. On entendait les bruits que faisait la pluie sur le sol, on entendait les feulements des guerriers, on entendait les corps tomber à terre. Chacun était dans sa bulle. Au bout d'un moment, Nuage de Colombe, ayant marre de ce silence tendu dans la pouponnière se mit à fredonner un air que sa mère lui fredonnait étant petite, elle et son frère. Un petit mâle la regarda avec attention et elle continua à fredonner. Deux femelles rejoignirent le petit et l'observèrent avec admiration. Sa mère lui glissa à l'oreille tandis qu'elle fredonnait encore.

Chante. Cela les rassure et les oblige à oublier ce qui se passe dehors

Et Nuage de Colombe chanta. Tout doucement d'abord. Elle éleva la voix, chantonnant. Un mâle rejoint les trois autres chatons. Elle éleva la voix, chantant d'une force moyenne et sa voix se mêlait aux bruits des combats. On entendit un hurlement et elle perdit leur attention. Une jeune femelle d'une lune environ se mit à pleurer. Mais l'apprentie ne se laissa pas perturber. Elle continua à chanter, jusqu'à ce que sa voix couvre le bruit du carnage du dehors, elle chanta jusqu'à capter la complète attention des chatons mais également des reines et de sa mère. Elle ferma les yeux, ordonnant à sa voix d'augmenter encore, de progresser parmi les notes qu'elle pouvait aborder. Et sa voix augmenta. La mélodie s'intensifia, devenant belle et rythmée. D'une oreille, Nuage de Colombe entendait le tumulte de la bataille se réduire, jusqu'à devenir inexistant. Progressivement elle diminua dans l'intensité de sa voix, son chant devint chuchotement, puis murmure, puis, il prit fin. Elle rouvrit les yeux. Sept paires d'yeux la fixait, admiratifs. Elle leur sourit puis alla rouvrir l'entrée de la tanière. La pluie tombait toujours. L'odeur du sang était presque insoutenable. Des corps ennemis et amis jonchaient le sol. Certains étaient blessés gravement d'autres moins. Nuage Rugissant faisait parti des blessés léger. Le sourire de fierté qu'affichait son père, non loin de lui, rendit Nuage de Colombe quelque peu jalouse. Cependant, elle n'en fit rien. Elle passa, la tête haute, devant son frère, l'ignorant superbement et alla se coucher dans tanière. Du coin de l’œil , elle vit sa mère aborder le chef du Clan et lui parler à voix basse. Le meneur la regard et hocha la tête.

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Rugissement Impérial !
Chant de la Colombe !
Rugissement Impérial !
Chant de la Colombe !

Ça y est. Ils sont enfin guerrier. Chant de la Colombe sait maintenant de quoi retournait les paroles de sa mère à son chef la veille. Son nom de guerrière. Cela dit, elle l'aimait, son nom. Elle aimait le fait que cela lui rappelle son instant où elle était admiré pour ce qu'elle était. Cependant, la jeune femelle de dix-huit lunes n'était pas heureuse. Non pas à cause de son père, il y avait longtemps qu'elle s'était fait une raison à son sujet, mais surtout à cause de son frère. Il devenait comme leur père. Collectionneur de femelles, ambitieux, et méprisant envers ceux qu'il jugeait faible. Dont elle. Et cela la brisait. Certes, elle n'avait jamais entretenu une grande relation avec son frère. Mais le fait qu'il l'ignore et la snobe comme si elle n'était qu'une.... qu'un chaton bon à rien, lui brisait le cœur. Son petit frère...
Tout deux descendirent du promontoire et allèrent se poster à l'entrée du camp. La veillée venait de commencer.

~ ~ ~


Le lendemain, les deux nouveaux guerriers s'apprêtaient à aller dormir quand leur paternel vint à leur rencontre. Chant de la Colombe se renfrogna. Mais, contrairement ce à quoi elle s'attendait, il ne se pencha pas vers son frère mais vers elle. Que lui voulait-il donc ?

Viens. Je dois te parler.

Elle le regarda suspicieusement, puis le suivit hors du camp. Ils marchèrent longtemps et ils ne s'arrêtèrent qu'une fois derrière de rares rochers de la lande. Là, il s'assit confortablement contre la roche et attendit, l'observant avec attention, les yeux dans les yeux. Père et fille s'affrontaient en un regard. Chant de la Colombe s'assit à son tour, sans cependant le quitter des yeux. Durant son apprentissage, son mentor lui avait répété maintes et maintes fois combien l'impassibilité était utile. Surtout lorsque l'on voulait faire parler quelqu'un plus que celui-ci ne le voudrait. Cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'ils se regardaient, impassible. Le père craqua.

Tu es devenue une guerrière. Certes. Mais ne pense pas pouvoir égaler ton frère. Tu es et restes une femelle. Et donc, une incapable. Je ne doute pas que tu essaieras de l'égaler. Mais tu es comme ta mère. Une idiote.

D'accord. Là, Chant de la Colombe était en train de se dire que tuer son père ne se faisait pas. Il ne l'avait donc emmené seulement pour la mettre en garde ? La traiter d'idiote n'était pas une bonne manière de lui dicter les choses. Cependant, elle choisit le sarcasme à la colère. Pour l'instant.

Je suis impressionnée. Je passe donc de bonne à rien à simple idiote ? Quel compliment ! J'ignorais que tu étais capable de me montrer autant d'affection... papa.

Oh... Pauvre chérie... Tu t'attendais à quoi ? À ce que je t'aime comme un père aime sa fille ? Je n'ai jamais voulu de femelle comme progéniture. Tu n'es pas digne de mon sang coulant dans tes veines si fragiles. Mais sache que... tu n'auras jamais d'affection de ma part.

Chant de la Colombe n'en pouvait plus. Elle avait passé trop de temps à refouler la haine et la colère qu'elle vouait à son père. Cet être immonde l'ignorant depuis sa naissance, la détestant et la traitant comme une incapable. Inconsciemment, sa jalousie envers son frère s'était muée en rage envers son père. La rage, la haine la rancœur et la colère noircissait son cœur depuis sa naissance. Elle n'avait jamais exprimé ses sentiments, ne sachant pas précisément ce qu'elle ressentait. Elle s'était toujours enfermée dans une bulle de solitude, imperméable à toute tentative d'approche quelle quelle soit. Elle n'avait jamais échangé avec les autres apprentis, elle ne s'était jamais comparée aux autres. Toujours elle avait tenté de se faire remarqué aux yeux de son père. Toujours elle avait perdu son temps. Tout cela à cause de lui. Des sentiments inconnus et infâmes habitant l'âme de la jeune femelle tourmentée qu'elle était autrefois. Mais la jeune femelle a cédé la place à une femelle mature et sûre d'elle. Et cette femelle mature et sûre d'elle, à compris ce qu'elle ressentait. Chant de la Colombe ferma les yeux. Laissa la haine et la rage diffuser leur adrénaline dans ses veines. Puis, elle rouvrit les yeux. Son regard était dur. Aussi froid que de la glace. Aussi impérial que celui d'un chef. Aussi incontrôlé que le vent.

Parce que tu crois que je ne sais pas tout cela ? Tu ne m'as jamais aimée, tu ne m'as jamais aidée ! Tu n'en avais que pour mon frère et encore, pour ses talents, pas pour ce qu'il était ! Tu n'es qu'une ordure pourrissante dénué de toute intelligence vivant dans un monde trop bien pour l'enflure que tu es. Colère et tristesse. Jalousie et amour. Rage et haine. Voilà ce que j'ai ressentis par ta faute. Je veux juste hurler ce que je ressens. Hurler la destruction de mon âme dont tu étais le seul responsable durant toutes ces lunes. Hurler à quel point tu m'as fait mal. Hurler à en perdre la voix. Hurler à en pleurer. Hurler comment mon cher père... cette ordure... m'a détruite au fil du temps.

Tout en disant cela, Chant de la Colombe s'était rapprochée de son paternel. Celui-ci la regardait avec surprise, mais elle discerna également une teinte de peur dans ses sombres yeux orageux.

Éloigne-toi Chant de la Colombe. Tais-toi. Juste, tais-toi.

Non... Non. Je ne me tairais pas. Laisse moi hurler ce que je pense...

Je...

Il n'eut pas l'occasion de finir sa phrase. Sa fille venait de lui briser la nuque. Il tenta en vain de faire entrer de l'air dans ses poumons mais il n'y parvint pas. Ses yeux se voilèrent peu à peu. Chant de la Colombe le regarda dédaigneusement. Elle alla s'allonger plus loin. Elle s'endormit et son sommeil fut lourd et sans rêves.
Le lendemain matin, elle se réveilla. Elle ne sut d'abord plus où elle était avant de voir le cadavre de son père, déjà assailli par les insectes. Elle le ramènerait au camp. Elle assumerait l'entière responsabilité de son acte. Sans bien savoir pourquoi, les larmes lui montèrent aux yeux. Certes elle n'aimait pas son père. Mais il restait et resterait toujours son père. Elle ne se reconnaissait plus. Était-elle devenue un monstre ? Non. Elle était, certes, la fille d'un chat sans émotions. Mais elle n'était pas un monstre assoiffé de sang pour autant quand même. Elle ferma les yeux, tenta de refouler la douleur mentale qui menaçait de la submerger à chaque instant. Puis, elle lâcha prise. Elle en avait plus qu'assez de refouler ses sentiments, plus qu'assez de taire ses émotions. Elle en avait marre de ce silence incessant dans lequel elle était plongé jour et nuit depuis le jour de sa naissance. Depuis le jour où son propre père l'avait tué intérieurement. Elle ne fit qu'une chose. Elle hurla. Elle hurla jusqu'à ce que sa voix se brise, se perde parmi les bruits de la nature qu l'entourait. Elle hurla jusqu'à ce que l'oxygène quitte entièrement son corps. Elle hurla jusqu'à ce que son cœur, ses veines et sa tête crient grâce. Elle hurla si longtemps que le mot infini prit un autre sens. Elle hurla sa tristesse, sa colère, sa haine, sa jalousie, sa rage, son amour, son amitié, sa détresse. Elle hurla son être. Dans son hurlement se déversait son âme pure et innocente qu'elle était jadis. Mais cette âme pure et blanche n'était plus. Une autre l'avait remplacée. Une âme plus noire que le noir lui-même. Était-elle devenue folle ? Sans doute. Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'était plus la gracile et gracieuse jeune apprentie d'autrefois. Elle n'était pas non plus une adulte mature. Elle n'était qu'une vieille apprentie et une jeune guerrière en crise de reconnaissance. Inconsciemment, sa mentalité choisissait entre le bien ou le mal. Cela peut paraître totalement bête ou même irrationnel mais d'un certain point de vue, c'est ce que subissait actuellement Chant de la Colombe. La jeune femelle cessa de hurler. Tout doucement d'abord, elle fit devenir sa voix un chuchotement, puis un murmure et enfin, un souffle du vent. Puis, elle devint inexistante. Et elle se mit à chanter. Sa voix était rauque mais peu importe. Elle chanta. Prenant le corps du défunt sur son dos. Elle chanta. Revenant au camp. Elle ferma les yeux. Elle chanta. Elle tenta de ne pas pleurer. Elle regarda le ciel. Elle se rappela les journées heureuses de son enfance. Elle tenta de ne pas pleurer. Mais les larmes coulèrent, déferlant telles des vagues salées, lui amenant le goût amer de la culpabilité. Elle n'était pas noire ni blanche. Elle était grise. Elle n'était pas schizophrène ni bipolaire. Elle était instable. Elle n'était pas triste ni en colère. Elle était fatiguée. Fatiguée d'affronter tout ça. Fatiguée de voir à quel point la vie pouvait faire mal. Fatiguée de vivre. Tout simplement. Mettre fin à ses jours. Trouver la mort. Se faire accueillir par quelqu'un d'aussi noir que le noir lui-même. Trouver le réconfort. Abandonner. Tout simplement. Elle cessa de pleurer et regarda autour d'elle. Tout le camp la dévisageait.

Je l'ai tué. C'était lui ou moi. Vous préférez un monstre assoiffé de sang, ambitieux et collectionneur de femelles dans la force de l'âge ou une jeune guerrière voulant faire ses preuves ? Tuez moi si ça vous plaît. Honnêtement ça m'arrangerai et je ne vous remercierai jamais assez. Je vous en supplie... Tuez moi. La vie n'est qu'un ramassis de mensonge et ne mène qu'à la mort. Tuez-moi.

Elle s'écroula au sol, telle un cadavre encore chaud bon à jeter. Elle n'avait pas manger depuis des heures. Elle avait dormi sous la pluie. Elle avait tué son père. Tout le mode s'était figé en l'entendant. Rugissement Impérial s'avança, les yeux emplis d'une rage inhumaine et s'élança, les griffes sorties, les crocs prêts à mordre. Il était juste au dessus d'elle. Il leva la patte et asséna son coup. Il n'avait seulement pas prévu que sa propre mère l'arrêterait. Celle-ci eut juste le temps d'interrompre son mouvement avant qu'il ne la tue. Elle prit avec brusquerie le corps de son défunt compagnon et le jeta quelques pas plus loin. Délicatement elle prit sa fille entre ses mâchoires et, sous les yeux de ses camarades devenus silencieux, elle l'emmena dans la tanière du guérisseur. Elle lui prépara une litière chaude et confortable et demanda au propriétaire de la tanière de bien s'occuper d'elle et non de la tuer.
Il faisait noir. Non. Il faisait nuit. Mais nous ne sommes qu'en fin d'après-midi. En fait, nous nous trouvons en pleine saison des neiges, à l'intérieur de la tanière du guérisseur du camp du Clan du Vent. On entend des halètements de douleur et de fatigue. Une chatte est en train de souffrir. On entend des chuchotements aussi. Sans doute le guérisseur et la famille de la malade. Ainsi que le meneur du Clan et son lieutenant. A priori, tout se passait mal. Les halètements cessèrent. Un grand silence. Un cri de douleur. Puissant. Les griffes sortirent, entaillant profondément la litière. Blanc. Un choix. Les halètements reprirent. Un troisième cri. Noir. Un autre choix. Une longue accalmie. Le guérisseur s'approcha et ausculta la patiente. Il se retourna vers la mère et lui dit que c'était passé. Elle ne mourrait pas cette nuit-là.
Cela faisait maintenant dix lunes que Chant de la Colombe était en convalescence. Elle l'était depuis le jour où elle avait ramené le corps de son père qu'elle avait assassiné. Au début elle ne souffrait que d'un rhume. Le rhume se transforma en mal vert. Puis en mal blanc. Elle était resté cinq lunes en convalescence pour cela. Le guérisseur lui avait dit qu'elle pouvait reprendre ses tâches de guerrière. Mais, très vite, il fallut l'interner au camp. Elle devenait plus folle de jour en jour. Elle avait tenté treize fois, de mettre fin à ses jours. Elle avait tenté, six fois de tuer ses camarades. La folie d'avoir tué son père ne la menait qu'à la mort. Et, pour le moment, rien ne semblait calmer ses accès de folie qui devenaient de plus en plus fréquent. Surtout la nuit étant donné qu'elle était plus ou moins somnambule. Trois fois elle avait failli mourir à cause des herbes médicinales. Rien ne faisait effet sur elle. Ça n'était plus qu'une question de jours.
Mais un jour, alors que le guérisseur l'avait emmené avec lui lors de sa cueillette, afin de la surveiller, elle prit une plante et la mangea. Sans doute dans l'espoir qu'elle serait empoisonnée. Mais au contraire. Le soir, alors qu'elle aurait dû faire une de ses crises de folie, rien ne se passa. Ivre de joie, fou à l'idée d'avoir trouvé le remède, le guérisseur se précipita pour cueillir la fameuse plante miracle. Il lui en donna énormément. Les crises se calmèrent et elle recouvrit une santé mentale presque normale. Tout le monde fut rassuré de son état de santé mais tous était plus ou moins conscient qu'un jour, cela pourrait reprendre. À tout moment de sa vie. Elle pourrait tous les tuer. Il devraient la tuer. Ce serait inévitable dans ce cas-là. Mais mieux vaut ne pas y penser. Pas maintenant du moins.
Les lunes filèrent rapidement. L'état de Chant de la Colombe s'améliorait lentement mais sûrement. Elle reprenait peu à peu goût à la vie. Le guérisseur fut surpris, un jour, de l'entendre fredonner quelques airs qu'elle connaissait. Il lui permit de chasser accompagnée de quelques guerriers qui savaient la supporter bien évidemment. Comme tout se passait bien, il la laissa patrouiller. Puis chasser seule. Il y allait progressivement. Bien conscient que si la moindre chose dérapait, elle allait sombrer de nouveau dans l'abîme infinie et totalement noire qu'est la folie.
Sa vie se déroulait comme cela à présent. Par à coups. Curieusement, et outre le fait qu'elle sache pertinemment qu'on ne le lui accorderait sans doute jamais, Chant de la Colombe souhaitait avoir un apprenti. Lui transmettre son savoir, lui expliquer les erreurs à éviter et les épreuves obligatoires à affronter dans la vie d'un guerrier du Clan du Vent. Elle savait parfaitement qu'aucun apprenti né au sein du Clan ne lui ferait confiance. Personne n'osait plus l'approcher hormis les trois haut placés du Clan et sa mère. Son frère, lui, ne lui pardonnait toujours pas le meurtre de leur père, bien que cela soit, à présent, vieux d'une vingtaine de lunes. Elle était l'une des plus vieilles guerrière actuellement. Mais elle n'avait jamais eu d'apprentis. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que son chef, Étoile Magmatique, attendais juste le bon moment, le moment où il la jugerait prête à enseigner. Pas apte à attendre de l'apprenti qu'il montre un certain talent dans un certain domaine mais que elle-même, soit capable de contrôler son tempérament. Car, bien que ses accès à la folie soient beaucoup moins fréquent qu'auparavant, ils restaient et demeuraient en elle. Tout pouvait basculer d'un moment à un autre. Et le meneur du Clan ne souhaitait sans doute pas qu'elle ne tue un apprenti par inadvertance. Cela serait franchement dommage. Chant de la Colombe estimait qu'elle ne serait jamais prête. Elle avait tort.
Elle avait quarante sept lunes quand un chaton parvint au camp, fébrile et faible. Baptisé Petite Foudre. La guerrière espérait au fond d'elle même être son mentor car il ne la connaissait pas et donc pas ses méfaits. Malheureusement, ce fut le lieutenant du Clan qui l'eut comme novice. Cœur Sauvage. Cependant, au fur et à mesure que les lunes passèrent Cœur Sauvage vieillissait. Bientôt Nuage de Foudre atteignit les vingt lunes mais il demeura apprenti. Son mentor restait, depuis longtemps chez le guérisseur et Étoile Magmatique semblait penser qu'il se remettrait. Contrairement au reste du Clan.
Un soir, alors que le camp s'apprêtait à dormir, le meneur du Clan du Vent fit son appel. Lassée d'entendre d'autres se faire nommer mentors, Chant de la Colombe songeait à aller dormir. Mais, curieusement un pressentiment l'en empêcha. Elle fit bien.
Ce soir là, Chant de la Colombe fut nommée mentor de remplacement auprès de Nuage de Foudre. Elle était heureuse. D'accord elle aurait voulu être mentor à part entière et elle savait pertinemment qu'il ne manquait plus q'un entraînement et une évaluation à son apprenti pour passer guerrier mais cela la ravissait tout de même.
Une page se tourne.
Une autre s'écrit.
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Chant de la Colombe | Physique, caractère, fautes
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