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 Nojiko errant sous la neige tombante

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Alice
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MessageSujet: Nojiko errant sous la neige tombante   Ven 23 Déc - 21:34

Ton âge : 10 lunes
Ton sexe : Femelle
Ton clan : Solitaire
Ton rang : Mangeuse de mandarines

Ton but dans la vie: Je veux que Rumiko aille bien. C'est tout ce qui m'importe. Qu'elle se porte bien et cesse de croire qu'elle est la seule fautive dans l'histoire, qu'elle cesse de penser qu'elle doit tout réparer. Je veux qu'elle arrête de sacrifier sa vie pour moi, pour nous tous. Je veux qu'elle vive la vie qu'Ainha nous a offerte en laissant la sienne s'éteindre.

PHYSIQUE : Je suis une chatte assez grande, pas trop quand même mais on ne peut pas me qualifier de petite, ça c'est sûr. Je suis maigre. Pas non plus à faire peur mais presque. Tout ça parce que je ne mange pas beaucoup. Traumatisme du passé. Généralement, on peut avoir l'impression qu'au moindre coup je peux m'effondrer. Ce n'est pas le cas. Je suis un poids plume, c'est vrai mais je suis rapide. Et puis je me fonds bien dans le noir du fait que mon pelage est sombre. En fait, il est gris mais d'un gris particulier. Presque bleu. Il scintille comme la lune lorsque la nuit tombe.
Comme mes yeux. En fait, mes yeux sont presque invisibles. Tout ça parce qu'ils sont de la même couleur que mon pelage. Bleus. Gris. Scintillants. Pour le reste de mon visage, il n'y a pas grand chose à dire, mes traits sont fins, j'ai deux oreilles en bon état et voilà. Ah, si. J'ai des cicatrices.
J'en ai une très grande sur mon épaule droite qui se prolonge jusqu'au bout de ma patte avant droite, une sur le bas de l'échine et une autre à l'arrière de ma patte arrière gauche.
Désormais vous pourrez me reconnaître facilement.

CARACTÈRE : D'avance, je peux vous dire que je suis une personne et donc que certains de mes traits de caractère s'opposent ce qui est tout à fait normal car personne n'est jamais uniforme.

Par exemple, je peux vous dire que je n'accorde pas ma confiance à la légère, je me méfie plus que jamais des inconnus suite à de mauvais souvenirs. Quand plusieurs de vos proches sont morts à cause d'inconnus, cela ne facilite pas la tâche, ne croyez-vous pas ? Cependant, lorsque ma confiance est donnée, c'est pour toujours. Vous pouvez bien me trahir encore et encore, j'aurais toujours l'espoir qu'un jour vous arrêtiez et m'acceptiez. Je serai toujours celle qui vous donnera une seconde chance puis une troisième et bien plus encore. Parce que je n'accorde ma confiance qu'à ceux que j'aime et ceux que j'aime mérite ma miséricorde. On peut résumer cela au fait que je suis loyale mais je n'ai jamais trouvé ce mot assez fort pour décrire ce trait de caractère qui est le mien.
Mais n'allez pas croire que je suis quelqu'un qui ne dit pas les choses franchement, même si je pardonne encore et encore, je n'hésite pas à dire ce qui cloche, ce qui me déplaît ou même ce qui me semble dépourvu de sens, je déballe tout, pas franchement avec une grande finesse. Seule m'importe l'efficacité. Je dis les choses, je suis franche c'est tout, il n'y a aucun mal là-dedans. Néanmoins, cela ne m'empêche pas d'écouter les gens, je suis très ouverte et à l'écoute, je serai toujours d'une oreille attentive si vous ressentez le besoin de vous confier et que vous pensez que personne ne vous comprendra jamais. Je suis même en mesure d'essayer d'apporter des solutions à vos problèmes ! Je suis de bon conseil comme on dit.
Parlant de conseils, il n'est pas rare de m'entendre proférer des phrases dignes des sages. Bon, d'accord, j'exagère peut-être un peu. Mais c'est vrai que je suis un peu philosophe sur les bords, j'aime bien m'éterniser sur le questionnement du pourquoi du comment, pourquoi la vie, quel est le monde et tout ce fardeau que nous avons dès la naissance sur nos si frêles épaules. Ah. Vous voyez, ça me prend d'un coup. Enfin, n'allez pas croire que parce ce trait de caractère est mien je parle de manière très soutenue non, pas du tout, j'ai un assez franc parler qui ressemble à celui des Bipèdes et même en étant sage et tout ça, il n'empêche que je suis quelqu'un de très susceptible. Surtout lorsque l'on s'avise de critiquer mes convictions et ce qui fait ma fierté. Ou même tout ce qui a un rapport avec ceux que j'aime et ce que j'aime.
Toutefois, n'allez pas croire que je suis subjective dans mes propos, j'ai toujours essayé, toute ma vie durant, d'être aussi juste que possible. Je n'aime pas l'injustice puisque j'en ai été victime. En fait tout le monde en est victime car le monde est injuste mais ça, c'est autre chose. Mais parlons-en ! En fait, ce que je crois au plus profond de moi-même, c'est que le monde est injuste à cause de certaines personnes. Des personnes qui se pensent assez bonnes et intelligentes pour être supérieures aux autres. Sauf que ces personnes sont juste imbues d'elles-mêmes et ambitieuses. Rien à voir avec la bienveillance. Je déteste ces gens-là, je les hais du plus profond de mon âme. Ils ont brisé la seule famille que j'ai jamais eu. Encore et encore. Je le revis presque tous les soirs parce que je ne suis jamais tranquille. En plus d'être très rancunière, j'ai bonne mémoire et mon cerveau ne se gêne pas de me le faire savoir en me remontrant cette scène encore et encore, presque toutes les nuits. À cause de ces gens, je suis devenue plus que protectrice envers ceux que j'aime, surtout avec Rumiko. Mais ce n'est pas tout, je me suis un peu renfermée sur moi-même, je ne montre plus ce qui me blesse malgré le fait que je sois franche. Je n'aime pas admettre que quelque chose me blesse. Je déteste paraître faible dans ce monde où seul le plus fort peut survivre.
C'est ainsi, le monde est injuste et moi je ne suis personne pour contester cette loi.

HISTOIRE :

Je suis née d'une mère que je n'ai jamais connue et d'un père invisible. Je n'ai pas de famille. Je ne me souviens de rien. Tout ce dont je me souviens remonte à ma deuxième lune et cela n'avait rien de joyeux.

J'ai été retrouvée sur un champ de bataille.
Je me souviens encore des cris de rage, des cris de fureur, de terreur aussi. Il y avait la pluie qui battait, il y avait ces chats qui s'entretuaient, il y avait ce sang partout, la fourrure qui volait, les griffes qui déchiquetaient, la poussière qui s'élevait, les crocs à découvert. Il y avait tout ça et il y avait moi. Seule. J'étais dans le noir, le désespoir m'avait atteinte en plein coeur, j'étais effrayée, comment ne pas l'être ? Je sentis mon petit coeur battre à tout rompre et rien ne semblait pouvoir le calmer.
Je pleurais. Je n'ai jamais su pourquoi je pleurais ce jour-là. Peut-être que ma famille était de ceux se battant sous les nuages sombres de cette nuit d'épouvante.
La nuit était froide, sans compassion, impitoyable envers le petit chaton que j'étais et moi, je me sentais comme si j'étais la seule à savoir ce qu'était la solitude. Entourée d'un fracas incessant, de chats assoiffés de sang mais terriblement seule.
"Je ne veux pas mourir ici". Telle était l'ampleur de mes pensées.
Puis le silence.
Il n'y avait plus rien. Et moi, moi je savais. Je savais qu'ils étaient morts. Tous.
Alors je suis sortie en m'efforçant de ne pas pleurer. Parce que je devais être forte. Même si je ne savais pas pourquoi.
Et j'ai vu quelqu'un. C'était un chaton, comme moi. Une femelle, je l'ai compris à son odeur. Collé à elle, le cadavre de sa mère et de ses frères et soeurs. Piétinés. Comment avait-elle pu survivre ? Elle pleurait à chaudes larmes mais semblait pourtant si paisible, insouciante comme elle était du danger qui l'avait entouré il y a à peine quelques minutes... Je l'ai prise dans ma gueule comme faisait ma mère avec moi. Je ne m'en souvenais pas de ma mère mais je me rappelais la douceur de sa présence et de certains de ses gestes. Alors j'ai pris cette petite et j'ai marché. Marché, marché, je voulais sortir du champ de bataille. Et j'ai pilé net devant une grande chatte à la fourrure complètement arraché sur les flancs et la moitié inférieure de son visage. Elle semblait mal en point et ne bougeait pas mais j'ai pu l'entendre marmonner des paroles qui n'avaient pas encore beaucoup de sens pour moi.

Je peux bien ... laisser mourir. Plus rien ... faire. Tous morts. Aucune raison ... vivre. Le monde ... noir.

Elle semblait délirer et je me suis plantée devant elle. Curiosité malsaine.
Elle a alors relevé la tête et a ancré son regard myosotis dans le mien puis sur la petite chatte que je venais de poser devant mes pattes.

- C'est ta soeur ?
- Non, je l'ai trouvée

La petite en question laissa échapper un petit son joyeux. L'adulte soupira et se releva tant bien mal, s'approchant d'un pas tremblant.

- Elle rit... Elle ne connaît pas la cruauté de ce monde...

Elle s'arrêta un instant avant de reprendre.

- Viens, on s'en va.

J'ai hoché la tête et nous sommes parties, laissant derrière nous des cadavres que le temps pourra désintégrer comme si rien ne s'était passé.
Je me souviens du retour oh ça oui. Un jour et une matinée. Sans manger. Nous contentant de boire pour assouvir nos envies. Tout ceci en silence. La grande chatte ne m'a pas parlé des masses, se contentant de me demander si je voulais boire et si je savais chasser. Nous nous occupions à tour de rôle de la petite. Elle n'avait pas de nom et je ne connaissais pas celui de celle qui m'avait recueillie. Celle-ci ne connaissait pas le mien non plus.
Au bout d'une journée et demie, nous arrivâmes à un camp. Un petit camp peuplé de chats en tout genre. Ameutés par l'odeur de deux inconnues et d'une femelle connue par leurs sens mal en point, ils vinrent à notre rencontre, épouvantés.

- Ainha ! Qui sont-elles ? Tu es blessée ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Occupez-vous d'elles !
- Mais... tu es blessée toi aussi !
- On s'en fiche, soignez-les !

Tout ce dont je me souviens, c'est que lorsque je basculai, perdant brutalement conscience, c'est du orange qui emplit alors ma vue, un orange doux et rassurant. Un orange que je n'avais encore jamais vu...

~ ~ ~

BOUT D'HISTOIRE :

Tout allait si bien.
Mais il a fallu qu'ils viennent. Eux. Ce groupe de solitaires. Qui étaient-ils ? Nous l'ignorions. Pourquoi sont-ils venus ? Même réponse. Tout ce que nous savions, c'était qu'ils étaient dangereux. Leur chef surtout. C'était une femelle. Elle avait une fourrure foncée, noire. Ses yeux verts étincelaient de malveillance et elle était très grande. Elle me terrorisait.
Le jour où elle est arrivée, je n'étais pas au camp. J'étais avec Rumiko, un peu plus loin, sur le bord de la falaise, admirant la mer qui se brisait sur les rochers en contrebas, le vent fouettant nos fourrures.
C'est Jenko qui est venu nous chercher. Je m'en souviendrai toujours. Ses yeux emplis de panique, sa fourrure ensanglantée. Il voulait que nous nous cachions. Que nous partions. Que Rumiko était en danger mais que je devais l'accompagner, que j'étais responsable d'elle. Que nous devions partir sans retourner voir Ainha.
Mais quand nous avons vu de loin, le campement ravagé et un groupe indistinct se diriger vers la tanière plus éloignée de notre mère adoptive, nous avons couru. Comme si nos vies en dépendaient, comme poussées par une peur mordante.
Lorsque nous sommes arrivées devant notre foyer, il n'y avait plus rien. La tanière était détruite. Ainha était face à eux, face à elle. Elle les regardait, les analysait du regard, essayait de savoir si elle avait une chance. Sa raideur puis son détachement montrait bien qu'elle avait abandonné l'idée de vivre plus longtemps.
Je me suis jetée sur elle, Rumiko à mes côtés. Elle nous a murmuré un léger "Vivez" avant de nous pousser sans ménagement sur le côté d'une force insoupçonnée. [Blablatage dont Ray n'a pas besoin].
Je me souviendrai toujours de ces dernières paroles.

"Nojiko ! Rumiko !"

Sa voix retentissante. Son écho se brisant à l'horizon. Sa tête se tournant vers nous, ses yeux emplis de larmes.

"Je vous aime."

Et la mort fondit sur elle comme un vautour sur une charogne.
Elle était rousse et c'est ce qui l'avait perdue.
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